hygiene naturelle infantile definition

Savez-vous que votre enfant sait communiquer dès son plus jeune âge d’autres besoins que la faim et le sommeil ? Avez-vous déjà pris le temps d’observer ses mimiques juste avant qu’il urine ou défèque ? Il est possible de comprendre ce besoin d’élimination et d’y répondre différemment qu’en le laissant faire dans sa couche. En français, cela s’appelle l’hygiène naturelle infantile. Voici quelques éléments de définition, de contexte et de physiologie pour aborder cette pratique, encore marginale en France.

signal elimination bebe

Comment mon bébé me signale-t-il son besoin d’éliminer ?

L’hygiène naturelle infantile, ou comment repérer le besoin d’éliminer de son enfant

Les bébés signalent leur besoin d’élimination

Lorsqu’un bébé a faim, il se tortille, tente de s’agripper à ses parents, ouvre la bouche et tire la langue. Quand il est fatigué, il baille, il se frotte les yeux et semble plus émotif. Ce langage non verbal, les pères et les mères savent l’identifier et y répondre. C’est essentiel, puisque cela répond à des besoins vitaux du bébé.

Mais le petit humain sait également manifester son besoin d’éliminer. Dans ce cas-là, il use de tout un répertoire de mimiques, tortillements et gazouillis. Comme pour tous ses autres besoins, le signalement pour communiquer son envie d’éliminer est unique.

Cette détection du besoin d’élimination de nos bébés s’est-elle perdue, faute de le considérer comme vital ? Après tout, est-ce dramatique s’il urine ou défèque dans sa couche ? Le rythme de vie à l’occidentale n’aide en rien à l’écoute de tous les besoins du bébé. Il faut être toujours plus rapide, plus productif. Cette écoute n’est donc pas une priorité.

Mais cela peut devenir problématique lorsque l’enfant intègre que la normalité, c’est porter une couche et se faire dessus. Il en oublie jusqu’à la sensation que procure l’envie d’éliminer.

En comparaison, que se passerait-il si l’on ne répondait plus au besoin de contact de son enfant ? Est-ce envisageable de ne plus le porter ou le câliner ?

Être à l’écoute du besoin d’éliminer de son enfant, ce n’est pas le dresser

Répondre à ce besoin, c’est respecter l’enfant, lui faire comprendre que son envie d’éliminer est considérée comme tout autre besoin essentiel à son bien-être, son intégrité et son développement futur.

La pratique de l’hygiène naturelle infantile, même si cette dénomination peut prêter à confusion, n’est pas une méthode pour « apprendre la propreté » à son enfant. C’est porter attention à son besoin d’élimination. Quand on pense avoir décelé son signalement, on lui propose une bassine, un pot ou des toilettes (selon l’âge de l’enfant) et on récupère ses déjections au lieu de le laisser souiller une couche.

Ce n’est pas une méthode archaïque, un dressage comme cela se pratiquait régulièrement il y a une cinquantaine d’années – et se pratique parfois encore. On ne force pas l’enfant à s’asseoir sur un pot et à y rester tant qu’il n’a pas uriné ou déféqué. Ce dressage a eu quant à lui des conséquences très graves sur le développement psychique et physiologique des enfants l’ayant subi.

Physiologie de l’appareil excréteur : comprendre son fonctionnement

Il est facilement admis dans notre société “moderne” que “l’acquisition de la propreté” chez l’enfant ne doit pas être précipité, car ses sphincters ne sont pas assez mûrs. Ce fait a été massivement relayé depuis une étude de 1962 menée par le docteur Brazeltone, employé alors par la société Protector&Gamble. Cette dernière qui produit… Les couches Pampers ! Sachant cela, difficile de déceler l’impartialité due à une étude scientifique.

Pour bien comprendre et se forger une opinion solide, il convient d’étudier des faits objectifs et reconnus. Quelle est la physiologie de l’élimination ?

Fabrication et cheminement de l’urine

L’appareil excréteur permet le traitement et l’évacuation des déchets du corps humain sous forme liquide – l’urine. Les différents organes de cet appareil sont :

  • les reins : ils filtrent le sang et fabriquent l’urine à partir des déchets retenus – urée, acide urique, etc ;
  • les deux uretères qui assurent le transport de celle-ci ;
  • la vessie qui la stocke ;
  • et l’urètre qui termine son évacuation.

L’appareil urinaire se met en place et fonctionne avant-même la naissance. L’envie d’uriner est ressentie lorsque la vessie est remplie à moitié. Son volume total augmente progressivement avec l’âge – 500 millilitres en moyenne.

Un premier sphincter, interne et lisse, envoie un message au cerveau pour le prévenir du volume d’urine contenu dans la vessie. Puis il se relâche automatiquement, laissant cheminer l’urine jusqu’au second sphincter. Celui-ci, externe, entre en jeu au moment d’uriner. Lorsqu’il s’ouvre, la vessie se contracte et l’urine peut s’écouler.

Le sphincter externe est un muscle à entraîner

Pour contrôler ses sphincters, il faut qu’ils soient assez développés. L’enfant apprend d’abord à se retenir en contractant ses différents muscles abdominaux. Mais ce qui est plus délicat, et qui ne peut s’apprendre que progressivement, c’est à relâcher son sphincter externe. Ce dernier, comme tout muscle, n’apprend pas à se contracter ni à se relâcher s’il n’est pas stimulé. Il en va de même pour le périnée et le sphincter externe contrôlant la sortie des selles.

Pratiquer l’hygiène naturelle infantile permet au bébé de prendre conscience de son besoin d’élimination et de son sphincter externe, et ainsi de le développer progressivement. Lorsqu’un bébé porte une couche et ne reçoit pas d’information, il n’y accorde pas d’attention et n’acquiert pas la notion de relâchement volontaire.

Offrir du bien-être à son enfant grâce à l’hygiène naturelle infantile

Être en accord avec ses valeurs environnementales

En pratiquant l’hygiène naturelle infantile, l’enfant n’est pas obligé de porter des couches toute la journée. Selon le temps que l’on peut y consacrer, il peut même ne plus en mettre du tout !

Si l’enfant continue de porter des couches, celles-ci sont moins souvent souillées. Et si on utilise moins de couches jetables, cela génère moins de déchets.

D’autre part, dans ma pratique de l’hygiène naturelle infantile avec mes deux enfants, j’ai remarqué que ce sont les selles les plus faciles à capter. Cela a constitué un bon argument pour passer aux couches lavables, car qui dit moins de selles dans les couches, dit nettoyage plus facile !

Quel plaisir de voir son petit bout libre de ses mouvements ! Sans couche, l’enfant est d’autant plus à l’aise avec son corps. Quelle souplesse à cet âge !

couches lavables faciles hygiene naturelle infantile

Utiliser des couches lavables est d’autant plus facile en pratiquant l’hygiène naturelle infantile !

A chacun sa façon de s’essayer à l’hygiène naturelle infantile

Je ne pratique pas l’hygiène naturelle infantile exhaustivement. Ma cadette, avec qui je pratique actuellement, porte des couches même si je suis à l’écoute de son besoin d’élimination. Dans les moments où je ne suis pas disponible, je suis moins attentive. Cela me rassure qu’elle porte une couche pour éviter les accidents. Quand je suis totalement présente pour elle, je lui enlève sa couche, positionne un pot près de nous et lui demande si elle a envie d’aller dessus quand je perçois un signal de sa part. Je me souviens qu’au tout début, elle pouvait faire pipi toutes les 20 à 30 minutes ! Aujourd’hui âgée d’un an et demi, ce n’est plus aussi régulier, aussi ai-je repéré ses moments privilégiés – au réveil, après un repas, etc.

Mes motivations pour tester l’hygiène naturelle infantile sont multiples. Outre le lien affectif supplémentaire créé avec mes filles, elles n’ont jamais eu d’érythèmes fessiers ou l’angoisse d’aller aux toilettes et, à partir de 5 mois pour l’aînée et de 10-11 mois pour la plus jeune, je n’ai plus nettoyé un caca sur les fesses (ou très occasionnellement). Quel bien-être pour les enfants… Et les parents !

 

J’aurai l’occasion de revenir plus longuement sur ma propre expérience dans de prochains articles. Connaissiez-vous l’hygiène naturelle infantile ? Allez-vous franchir le pas ? Partagez votre expérience !

 

 

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2 Responses

  1. Wow, je ne savais pas que cela pouvait se faire aussi tot que 5 mois. Mais en y pensant bien, à cet âge ils sont en continu sous nos yeux et on peut donc détecter plus facilement leurs signes d’envie d’éliminer. Sur mes enfants, j’ai commencé à leur proposer le pot du moment où ils marchaient parce que je pouvais nettement les voir s’arrêter. Du coup, le fait de ne pas être habitués à avoir la couche sale les incitaient à me prévenir en cas d’accident. Votre blog est vraiment sympa. Bon succès dans votre aventure !

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