burn out maternel comment l eviter

Categories:

Au quotidien, vous vous sentez dépassée dans votre rôle de mère ? Vous ne prenez plus autant de plaisir avec vos enfants qu’auparavant ? L’idée de tout envoyer balader, de partir seule sans vous retourner vous a déjà traversé l’esprit ? Vous êtes peut-être proche d’un burn-out maternel. Ne culpabilisez pas, le rythme de vie imposé par notre société dite “moderne” ne nous aide pas pour prendre du recul. Si vous n’arrivez pas à vous poser un seul instant pour souffler, il est bien normal d’en arriver à cette extrémité.

Depuis que je suis maman, je suis passée par des moments de doute, d’angoisse et de panique. Je ne veux plus me retrouver épuisée, avec mon esprit complètement embrouillé. Dans cet article, je vous explique ce que j’ai appris et mis en place pour pallier à cette situation. Ou du moins, l’éviter le plus possible 🙂

Fondement n°1 : les 9 premiers mois, on en bave !

Je pense que savoir à quoi s’attendre permet de bien se préparer en amont, et d’éviter le burn-out maternel, et plus largement l’épuisement parental.

Que vous soyez future ou jeune maman, sachez que l’arrivée d’un enfant, c’est comme un voyage : on met autant de temps à s’en remettre que pour vivre le périple en lui-même. La grossesse dure 9 neuf mois ; comptez donc 9 mois pour vous en remettre après votre accouchement !

Au programme :

  • découverte totale d’un (ou plusieurs) petit être (Ha bon ? Vous n’étiez pas au courant ?) ;
  • perte de cheveux, gencives qui saignent, vergetures, cicatrises qui tirent et autres bobos pas rigolos ;
  • prise de poids si vous êtes du genre à manger pour compenser vos nouvelles émotions ;
  • perte de libido – prévenez votre conjoint avant la naissance pour éviter d’éventuelles frustrations ;
  • sommeil (très, très) fragmenté ;
  • et dans quel sens ça se met, un body ? ;
  • etc.

Je vous recommande vivement le livre “Le bébé est un mammifère” de Michel Odent aux éditions l’instant présent. Cet ouvrage m’a beaucoup aidé, et m’a permis d’aborder ce sujet plus facilement avec mon conjoint.

Si c’est votre premier bébé, vous pouvez vite vous retrouver dépasser. Tout le monde n’a pas la chance d’avoir des grands-parents ou des amis à proximité pour leur confier bébé, même une heure. Sachez qu’on n’est pas trop de deux pour gérer un petit loup ! Avant la naissance, organisez votre futur temps de travail, prenez un congé parental, trouvez un mode de garde, etc. Tout ce qui est fait n’est plus à gérer ensuite !

À la naissance de ma deuxième fille, le plus difficile n’a pas été de l’accueillir, mais de gérer la jalousie de sa grande sœur. Deux enfants d’âges différents n’ont pas les mêmes besoins, mais ils peuvent réclamer la même chose, en même temps ! Heureusement, avec le temps, chacun trouve sa place.

Sachons faire preuve de patience et d’empathie !

Fondement n°2 : trouver un exutoire

Peut-être n’en avez-vous pas besoin et que vous trouverez ce terme exagéré ! Aujourd’hui, je ne culpabilise plus : j’ai besoin d’une soupape pour vider mon trop-plein émotionnel. Si je ne l’ai pas, j’ai plus tendance à m’énerver, et je peux avoir des comportements que je regrette par la suite.

Pour sortir d’un état léthargique, il est primordial de prendre du temps pour soi et de poser un regard extérieur, critique (mais toujours bienveillant) sur la situation actuelle. C’est ainsi que j’ai compris que j’étais parfois à la limite du burn-out maternel.

Posez-vous des questions : “Quel est mon besoin réel ? Est-ce qu’il me manque quelque chose ? Quelle est cette pensée qui me parasite l’esprit ?”. Comprendre votre besoin profond va vous permettre de le verbaliser et d’y mettre les moyens pour y parvenir.

Pour moi, l’important était de refaire une place à mon projet professionnel, complètement délaissé avec la naissance de mes enfants. Ce n’était pourtant pas du tout une priorité avant d’être mère. Mais mes besoins ont évolué :

  • envie d’un travail où je peux aider d’autres jeunes parents ;
  • envie de partager et de transmettre ce que j’expérimente au quotidien ;
  • mieux gérer le partage de mon temps entre le personnel et le professionnel, de façon à ce que l’un ne pollue pas l’autre ;
  • besoin d’une plus grande sécurité financière.

Un poids énorme a glissé de mes épaules le jour où j’ai réalisé ce manque ! Ainsi, je suis totalement disponible pour mes enfants lorsque je suis avec eux. Je n’ai plus (ou très peu) de pensées qui parasitent ces moments partagés.

Fondement n°3 : partage équitable de la charge mentale

Aborder ce sujet sensible pour éviter le burn-out parental

C’est un élément-clé dans le traitement du burn-out maternel : la gestion de la charge mentale, c’est-à-dire toutes les pensées comme :

  • “Tiens, plus de beurre, faut que j’en reprenne” ;
  • “Est-ce que j’ai changé son body ce matin avant de la déposer à la crèche ?” ;
  • “Alors si la danse est à 16 h, que la bibliothèque ferme à 17 h, et que bébé va faire la sieste entre 15 h et 16 h 30, quelle est la probabilité pour que le téléphone sonne au mauvais moment ?” ;
  • etc.

Si vous vous sentez dépassée par ces idées parasites, prenez-le temps d’en parler avec votre moitié. Le partage des tâches ménagères et administratives peut-il changer ? Faites le point sur la situation, rééquilibrez-la au besoin, et appréciez l’implication de chacun (“Ha oui, c’est vrai, toi, tu gères l’extérieur, la plomberie et les toilettes sèches, c’est équitable”).

Pour amener ce sujet délicat, il existe des outils de communication – notamment en Communication NonViolente. Fixez-vous un moment pour en parler, car si vous évoquez ce sujet (assez sensible) devant les enfants, entre le fromage et le dessert, ça risque de ne pas passer. En revanche, si vous êtes au calme, avec une boîte de chocolats ou un petit rafraîchissement, chaque partie est plus ouverte au dialogue et à l’écoute.

burn out maternel charge mentale

Lorsque votre charge mentale est trop pesante, prenez-le temps d’en parler avec votre moitié.

Ne pas culpabiliser pour un moment de détente

Certes, il y a des obligations au quotidien. Mais quand vous avez une demi-heure de temps libre devant vous, ne nettoyez pas la tâche dans l’évier que vous apercevez du coin de l’œil ! Ou pire : au lieu de prendre du temps pour vous, vous sortez votre smartphone, vous vous perdez dans les méandres d’Internet, et vous ouvrez une grosse boîte de cookies au chocolat pour combler un vide émotionnel.

Accordez-vous un temps de qualité, rien que pour vous, et sans culpabiliser. Promenez-vous, courrez pour vous dépenser, lisez pour apprendre ou rêver, prenez un bain pour vous délasser.

Parfois, dans ma routine quotidienne, je m’imagine être un personnage du jeu vidéo des Sims. J’observe mes indicateurs d’hygiène, de vie sociale ou d’apprentissage artistique, et je me dis : “Il est temps de voir une copine, de sortir l’accordéon ou de prendre une bonne douche !”

Fondement n°4 : savoir s’excuser auprès de son enfant

Vous n’êtes pas une mère parfaite. C’est difficile à entendre, mais c’est une étape obligée pour se construire et évoluer.

Après avoir monté le ton pour une énième bêtise de mes bouts de chou, je m’en veux, inexorablement. C’est là que mon chéri me dit : “Faut lâcher un peu, tu ne peux pas faire bien à chaque fois”. Alors, je décompresse (je pleure toutes les larmes de mon corps) et je relativise. Puis je m’explique avec mes filles : “Je n’aurais pas dû crier. J’ai eu une grosse journée aujourd’hui (sous-entendu, j’ai mes règles, il fait froid, j’ai raté un contrat, il faut vider les poubelles et je n’ai pas eu le temps de préparer le repas, mais je leur épargne les détails) et je ne suis pas de très bonne humeur ce soir. Est-ce possible pour vous de ne pas faire la course de poussettes dans la cuisine ?”

Cela vous semble parler pour ne rien dire ? De mon expérience, j’ai observé que mes enfants sont d’autant plus empathiques lorsque j’ai un coup de mou. Sans forcément tout comprendre, ils savent réagir. Dans ces moments-là, ils sont moins demandeurs et se gèrent eux-mêmes.  Pour les aider à développer leur autonomie, vous pouvez consulter mes 20 astuces dans cet article.

Parfois, notre comportement n’est pas le bon. L’important est de s’en rendre compte et de se remettre en question. Ainsi, tout le monde apprend, petits et grands. Naturellement, ce comportement d’introspection et d’empathie deviendra votre nouvelle norme.

 

Si vous reconnaissez avoir un souci, vous avez passé la première étape pour guérir du burn-out maternel. Vous pouvez être fière de vous. Maintenant, il faut accepter une aide extérieure pour vous sortir de cette situation – une amie, un professionnel, un groupe de soutien ou une lecture. N’hésitez pas à partager vos propres conseils en commentaires.

Si vous avez aimé notre article, vous êtes libre de le partager ;-)
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Tags:

11 Responses

  1. ça fait du bien de lire ce genre de partage d’expérience.
    Je ne sais pas si c’est partout comme ça, mais au Québec, il y a énormément de suivi postpartum et je me rappelle que pour ma première, une infirmière venait régulièrement à la maison parce que c’était notre premier enfant et ma fille ne prenait pas correctement le sein. Du coup, sans qu’on ait eu à le demander, elle venait s’assurer de la prise de poids de bébé et de mon état de fatigue. Elle donnait en même temps des conseils au papa pour qu’il puisse assiter au mieux les “relevailles” comme on dit là-bas. On était très sensibilisés aux depressions postpartum qui peuvent survenir même plusieurs mois après l’accouchement. J’imagine que pour les mamans qui reprennent rapidement le travail cela peut être très difficile et que le burnout n’est jamais loin.

    • Bonjour Vero, je te remercie d’avoir partagé ton expérience avec les lectrices 🙂 En France, on peut bénéficier de cet accompagnement également. Il faut en faire la demande. Pour ma part, c’est ma sage-femme libérale qui est venue nous visiter et s’assurer que tout allait bien. Et c’était revigorant d’avoir le soutien d’une femme d’expérience dans les jours qui suivent la naissance.
      Je suis très heureuse d’en apprendre davantage sur la vie des mamans Outre-Atlantique. Au plaisir d’échanger à nouveau 😀

  2. Merci pour ce bel article ; être en vérité avec soi-même et prendre soin de soi pour mieux accueillir l’autre ! Je suis naturopathe et je constate que l’on peut beaucoup aider à garder le cap et la joie avec une alimentation saine et gourmande adaptée à chacun 😉

    • Bonjour Christine, oui je partage ton avis, l’alimentation est un point important ! J’ai déjà remarqué que quand je mange quelque chose de compliqué à digérer, ou que je bois de l’alcool, je suis plus irritable et moins patiente avec ceux qui m’entourent. Merci pour ton commentaire, et au plaisir de te lire à nouveau 🙂

  3. Merci pour ce bel article instructif.. Pour ma part j’ai surtout du mal avec la n°3 😉 Le partage des tâches existe déjà plus ou moins, mais c’est tellement difficile comme sujet à aborder.. et à trouver un juste milieu. J’ai également essayé de réduire tout simplement la charge mentale et de ne penser qu’à l’essentiel : automatiser tout ce qui peut l’être (courses en drive, jours fixes pour les tâches ménagères, etc.) et réduire (malheureusement je ne pense plus à tous les anniversaires de la famille ou ne répond pas dans l’heure à un message, mais j’apprends encore à déculpabiliser !)

  4. Merci et un grand bravo pour cet article déculpabilisant et qui fait du bien. Je vais j’espère avoir dans pas trop longtemps des enfants et je garde cet article sous le coude !

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

GRATUIT Votre conseil personnalisé - Pour élever bébé sans couche

%d blogueurs aiment cette page :