apprentissage propreté hni

Votre enfant est dans sa période d’apprentissage du pot, et vous souhaitez l’accompagner de manière bienveillante ? Vous vous demandez si l’hygiène naturelle infantile peut être une méthode efficace ? Dans cet article, je vais déconstruire un grand nombre d’idées reçues. Les enfants apprennent-ils vraiment à être propres ? Aller sur le pot, est-ce une finalité en soi ? Doivent-ils apprendre à être propres le jour, puis la nuit ? Et, au final, l’apprentissage de la propreté peut-elle passer par l’HNI ? Vous trouverez dans cet article tous les éléments nécessaires à votre réflexion.

L’HNI n’est pas une méthode d’apprentissage de la propreté

Ne pas croire tout ce qu’on lit ou entend sur l’HNI

Je ne le répéterai jamais assez, mais l’hygiène naturelle infantile (HNI) n’est pas une méthode d’apprentissage de la propreté.

Vous avez lu des témoignages de parents ou de médecins sur Internet, stigmatisant l’HNI. Certains vous disent que :

  • c’est une pratique d’un autre temps, digne de nos arrières-grands-parents ;
  • ils ne mettront jamais en place l’HNI, car ils ne se voient pas courir après leurs enfants et ramasser des excréments toute la journée ;
  • cela entretient une relation fusionnelle entre le parent et le bébé, qui devient toxique à long terme ;
  • c’est ce que font les parents, dans les pays en voie de développement, qui n’ont pas les moyens d’acheter des couches ;
  • avant l’âge de deux ans, ” les sphincters s’ouvrent et se ferment de manière inconsciente ” (propos relevés dans une brochure éditée par l’Office de la Naissance et de l’Enfance, en Belgique) ;
  • etc.

Ces personnes ne savent pas ce qu’est l’HNI et ne l’ont jamais essayé. Ils ont rapidement lu ou écouté un documentaire sur le sujet, tout au plus. Ils en ont vaguement entendu parlé, mais ils n’ont pas creusé le sujet. S’ils avaient seulement essayé, même durant un cours laps de temps, ils ne tiendraient pas ce genre de discours.

Ils vous diraient plutôt que cette pratique ne colle pas à leur rythme de vie, qu’ils n’ont pas eu le déclic, ou que les couches leur simplifient bien la vie et qu’ils n’ont pas de temps à consacrer à l’HNI. Et lorsque ce sont des propos de médecins qui sont rapportés, ils n’ont jamais de sources scientifiques pour appuyer leur discours – alors qu’elles existent !

Comprendre ce qu’est l’HNI

Le terme d’hygiène naturelle infantile n’aide pas, au premier abord, à comprendre son principe. La traduction anglaise, Elimination Communication (EC) est beaucoup plus explicite.

Choisir de pratiquer l’HNI avec ses enfants, c’est opter pour une manière différente de voir les choses. C’est considérer leur besoin d’éliminer comme tous leurs autres besoins. On y consacre du temps, bien sûr, mais on n’est pas totalement absorbé par cette façon d’être et de faire (et heureusement) !

Comprendre la différence entre l’hygiène naturelle infantile et l’apprentissage de la propreté est essentielle pour concevoir l’HNI dans son entièreté. L’idée principale de cette pratique est d’expliquer à son enfant comment se relâcher lorsqu’il a besoin de se soulager (et non de se retenir) et quel est l’endroit propice à l’élimination.

À aucun moment il ne convient de récompenser ou de punir son enfant lorsqu’il répond à son besoin d’éliminer. C’est un comportement naturel ; tenir rigueur des éventuels “accidents” n’aide pas l’enfant à acquérir son autonomie. Au contraire, cela peut le braquer dans son développement et l’inciter à vouloir faire plaisir plutôt qu’à écouter réellement ses besoins. Ce sont aux parents de s’impliquer et d’être attentifs aux signaux émis par l’enfant.

Mon expérience de l’HNI

Je pratique l’HNI avec mes 2 filles depuis plus de 5 ans. J’ai découvert cette pratique dans un livre prêté par une amie. Les aspects environnementaux, sociétaux et physiologiques abordés par cette pratique ont donné du sens à ma vision de la maternité. Je me suis lancée dans l’aventure HNI avec mes lectures et ma seule motivation.

Dans ma pratique de l’HNI, je peux vous assurer que :

  • je n’ai pas couru derrière mes enfants durant ces dernières années pour ramasser leurs besoins ;
  • ma relation avec eux n’est pas malsaine et renfermée – intense et complice : oui ;
  • je n’ai pas le sentiment de vivre au siècle dernier, mais plutôt de voir plus loin que le bout de mon nez ;
  • certes, j’ai réalisé des économies grâce à l’HNI, et je trouve dégradant de réduire l’écoute et l’empathie dont font preuve la majorité des parents sur Terre à une question d’argent ;
  • mes enfants n’ont pas de souci avec leurs sphincters et le reste de leur appareil urinaire et excrétoire.

On peut se passer totalement des couches (bébé sans couche) comme il est possible d’en utiliser à temps partiel – pour les siestes, la nuit ou les déplacement.

Se forger sa propre opinion sur l’HNI

Tous les bébés autour de vous portent des couches en continu ? Cela vous semble peu naturel de les laisser remplir des couches, sans intervenir, sans les aider à conscientiser ce besoin essentiel ? Ils ne semblent même plus réagir quand ils se font dessus ? Au contraire, ils sont en colère ou tristes lorsqu’on leur retire leur couche, et refusent de faire leurs besoins tant qu’ils n’ont pas leur couche, et ce même après 3 ans ?

Qu’est-ce qui vous semble le plus naturel ? De dépendre de bouts de papiers absorbants ou d’éveiller la curiosité et l’écoute du corps très jeune ?

Si ces questionnements font écho en vous, renseignez-vous sur l’HNI, et tentez l’expérience ! Ça peut ne pas fonctionner mais, je ne sais pas vous, moi, tant que je n’ai pas tout essayé, je sais que je peux le regretter par la suite. Si ça ne marche pas, et bien c’est que ce n’est pas pour moi mais, au moins, je suis sûre d’avoir tout tenté !

Les enfants élevés avec l’HNI deviennent continents plus tôt

Propreté précoce : ce n’est pas l’objectif de l’HNI !

En essayant l’HNI, l’objectif n’était pas de rendre mes filles continentes avant l’heure. En tant que biologiste et naturaliste de formation et de métier pendant plus de 10 ans, je me voyais mal aller contre Dame Nature !

Au contraire, mon envie était :

  • d’être à leur écoute au maximum ;
  • de comprendre leurs fonctionnements et leurs besoins ;
  • de communiquer avec elles, malgré leur jeune âge ;
  • d’utiliser moins de couches jetables, très polluantes, car elles finissent en déchets incinérés ou enfouis (les couches jetables dites “compostables” le sont difficilement en pratique) ;
  • de préserver leurs petites fesses de problèmes dermatologiques récurrents (érythème fessier) ;
  • etc.

La conscientisation du besoin d’élimination aide tout de même à devenir continent plus tôt que la moyenne

Ceci dit, mes filles sont tout de même devenues continentes plus tôt (entre 24 et 32 mois) que la moyenne observée en France (entre 30 et 40 mois). Elles ont compris leur besoin d’éliminer très progressivement, dès leurs premiers mois de vie.

Ce constat est vrai pour la quasi-totalité des familles ayant mis en place l’HNI – en attestent les nombreux témoignages dans les livres traitant de l’HNI et dans les groupes d’échanges et de soutien dédiés, notamment sur Facebook.

Combien d’amis, parents aux aussi, se sont retrouvés dans la panade, quelques semaines (voire jours) avant la première rentrée scolaire de leurs bambins, car ils portaient toujours des couches ? Combien de papas et de mamans se sont retrouvés dans des situations inextricables, comme par exemple :

  • ” mon enfant a peur de faire caca dans le pot, c’est comme s’il perdait une partie de lui, il ne semble pas comprendre d’où cela vient ” ;
  • ” mon fils ne veut pas faire caca ailleurs que dans sa couche, il est donc très souvent constipé ” ;
  • ” ma fille refuse de s’allonger pour qu’on lui nettoie le siège, elle développe des problèmes de peau ” ;
  • etc.

L’HNI permet aux tout-petits de découvrir leur corps, de comprendre et d’exprimer leurs besoins de manière progressive et non brutale. Grâce à l’écoute empathique qu’elle implique, les situations évoquées ci-dessus sont très rares, voire inexistantes.

L’apprentissage de la propreté : est-ce une bonne idée ?

Je tourne la question de départ d’une autre manière : l’apprentissage de la propreté, ou l’acquisition de la propreté comme on la comprend dans la majorité des familles occidentales aujourd’hui, est-ce vraiment la meilleure solution ?

Oui : les couches jetables rendent la vie des parents plus facile. Mais pour combien de temps et à quel prix ? Certains me diront qu’il y a l’alternative des couches lavables. Pour approfondir ce sujet, vous pouvez trouver mon opinion détaillé dans mon article ” la meilleure couche bébé : existe-t-elle vraiment ? “

Oui : la pratique de l’HNI demande du temps et de l’implication de la part des parents. Mais cela demande aussi du temps de changer des fesses pleines de caca, de les tartiner de crème hydratante et apaisante, ou d’aller acheter les couches.

Que voulez-vous vraiment pour vous et vos enfants ? Où souhaitez-vous vous investir ? Moi et mon conjoint, on a vite choisi l’option qui nous tentait le plus !

 

L’apprentissage de la propreté et l’hygiène naturelle infantile, vous l’aurez compris, ne sont pas compatibles, puisque l’HNI consiste en une approche différente de notre vision occidentale très ancrée. Voyez l’HNI comme une nouvelle voie de communication avec votre enfant.

L’acquisition de la propreté est un fait établi pour certains. Pour d’autres, comprendre son besoin d’élimination pour un enfant est un parcours initiatique, qui demande un accompagnement et une réelle implication des parents. La continence est une étape de ce cheminement, pas un objectif en soi. L’écoute et la compréhension des besoins vitaux de chaque enfant est un enjeu bien plus grand, que nous amène à explorer l’HNI.

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