accouchement a domicile

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Accoucher chez moi était une évidence. Cela en a surpris plus d’un dans mon entourage, car c’est un choix très marginal de nos jours. Pourtant, je voyais l’accouchement à domicile comme quelque chose de banal. En effet, je n’avais que peu d’exemples proches de maternité. Je suis la première à être devenue mère dans mon groupe d’amies. Ma grand-mère a accouché de ses trois enfants chez elle. Je suis née à l’hôpital, car une césarienne d’urgence était nécessaire. Je n’ai pas de frère, ni de sœur. Et, il y a encore très peu de temps, je ne connaissais pas l’histoire de mes cousins.

Alors, lorsque j’ai su que j’attendais un bébé, j’ai téléphoné à la sage-femme de mon village. Je lui ai expliqué que j’accouchais chez moi au mois d’avril prochain, et que je serais heureuse qu’elle m’accompagne durant ma grossesse et jusqu’à mon accouchement.

« Haaa… Mais l’accouchement à domicile, on ne fait plus ça… Il faut voir avec l’hôpital… »

« Ha bon ? Mais pourtant, ma grand-mère a bien accouché trois fois chez elle. Moi, je suis née à l’hôpital, mais parce que ma mère avait des complications. Ma grossesse se passe bien, pourquoi ce ne serait pas possible ? »

Alors la sage-femme m’a expliqué que l’accouchement à domicile (ou AAD) ne se pratiquait plus, ou presque. Que seulement quelques sages-femmes en France acceptaient encore d’intervenir à domicile, mais avec beaucoup de contraintes et, surtout, dans l’illégalité.

À partir de cet instant, j’ai mené mon enquête. Effectivement, avec la masculinisation de la profession de gynécologue-obstétricien, les sages-femmes ont perdu peu à peu le rôle primordial qu’elles occupaient auprès des futures mamans. Les accouchements à l’hôpital se sont normalisés, réduisant les sages-femmes, à l’hôpital comme en libéral, à prodiguer des conseils pendant la grossesse, et les éloignant du moment de la naissance. Et pas question de mettre en danger des futures mamans en accouchant dans des conditions rudimentaires !

Je ne sais pas pour vous, mais moi, je ne me suis jamais sentie en sécurité à l’hôpital. Évidemment, en cas de maladie, de complication, quelle chance incroyable de pouvoir bénéficier de soins, rapidement et spécifiquement, prodigués par des professionnels hautement qualifiés !

Mais… Quand tout va bien ? Pourquoi prendre la place d’une personne qui pourrait en avoir bien plus besoin que moi ? Pourquoi prendre une place dans une maternité déjà saturée ?

Je le sentais. Si tout allait bien, mon choix était irrévocable : j’accoucherais chez moi, dans la douceur de mon foyer, loin des néons et de l’odeur de produit d’entretien de l’hôpital. Loin du lit étroit, à barreaux et en hauteur. Loin de toute l’équipe médicale allant et venant pour prendre une température et une tension intempestivement, sans tenir compte de mon besoin vital d’intimité.

Elles ne sont pas nombreuses, les sages-femmes à prendre ces risques. Et on ne peut que les comprendre.

Quelle coïncidence de rencontrer une sage-femme, partante pour cette aventure, à moins de 15 minutes de chez moi !

On n’a pas tout de suite accroché. Mais on s’est apprivoisé mutuellement. Et, le jour de l’accouchement, je ne voulais qu’elle à mes côtés. Quel sang-froid, vraiment ! Après ça, j’ai moi-même voulu devenir sage-femme ! Je sais aujourd’hui que je ne le deviendrai jamais, je suis trop sensible !

Elle m’a donné confiance en ma force de femme, qui porte et qui met au monde un être de chair et de sang. Je lui ai confié un pendentif pour la remercier. Une pierre à laquelle je tenais, et qui représentait déjà beaucoup de choses pour moi. Mais je ne saurais l’expliquer, je devais lui donner.

Une intuition, me direz-vous ? Peut-être bien …

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